Dur, dur de trouver le sommeil cette nuit...
Hier, ou plutôt avant hier,
notre maison en construction, quasiment achevée, est partie en fumée...
Ce vendredi 13 octobre (une date pareille, ça ne s'invente pas !),
notre projet de maison écologique, conçu et réalisé pendant
4 longues années, dont presque 1 an de travaux (anniversaire en novembre) est anéanti par un feu déclenché accidentellement par le plombier qui y travaillait.
Et non, ça n'arrive pas qu'aux autres !
Toutes nos recherches pour concevoir cette maison de la façon la plus saine pour l'environnement (objectif idéaliste = 0 impact), pour amasser les informations (géobiologie, habitat bioclimatique, chauffage aux énergies renouvelables, matériaux sains et écologiques, économie d'énergie...) : tout s'est terminé en quelques heures ce maudit vendredi...
Quel choc de recevoir ce coup de fil en pleine réunion... de prendre d'abord cela pour une mauvaise blague... puis le film se crée dans la tête "la maison brûle" : "mais elle brûle un peu, hein ? ils vont vite arrêter ça les pompiers, dis !?..." "Non, non, la maison, brûle, il n'y a plus de toit..."
Puis la précipitation : vite, rentrer au plus vite, être sur place, voir de ses yeux voir la catastrophe...
Attrapper un métro, puis un train... Sauter dans la voiture, arriver : scruter au loin, essayer de se rassurer : "non, de loin ça n'a pas l'air si grâve..." Puis, découvrir les pompiers sur place (une bonne trentaine : les casernes de Bully, Saint-Germain-sur-L'Arbresle et L'Arbresle, rien que ça !).
Et là le cauchemar et tout qui défile dans la tête : la décision de lancer ce projet si évident pour nous, trouver un architecte à la hauteur de nos ambitions, concevoir la merveille des merveilles, déposer le permis de contruire, se voir refuser le permis... redéposer le permis suite à un assouplissement des directives préfectorales en matière de rénovation en zone agricole, relancer la machine : chiffrer le projet, souscrire un crédit et une assurance de prêt, interroger les artisans, les retenir, planifier... puis novembre 2005, la joie, enfin le chantier démarre, la grange est décaissée et les premières briques monomur sont posées.
Tout s'enchaîne : maçonnerie, charpente, création des ouvertures portes & fenêtres en pierres dorées, menuiserie, électricité, plomberie, platrerie...
Mais les problèmes continuent : l'eau dans les fondations des piliers, modification du drainage de la mare attenante, artisans peu scrupuleux sur les délais et la qualité de livraison, le pompon : le passage de la TVA de 5,5 à 19,6 % (à notre grand désespoir, notre chantier est assimilé à du neuf...). Bref, toutes ces vacances et ces week-end sacrifiés à nettoyer, poncer, peindre, rénover, décaper, oindre, protéger, lasurer.. Tout ce temps que nous n'avons pas consacré à notre fille... Toute cette énergie dépensée... Tous ces parents et amis venus nous donner un coup de pouce...
Tout, tout est en train d'être réduit à néant pour une bétise.
Et dire que nous avions terminé les peintures, que la cuisine devait être livrée la semaine prochaine, que la baignoire... cette sacrée baignoire que nous attendions tant Nelle et moi, qui avait été posée jeudi 12... Aujourd'hui, elle a fondue sous l'effet de la chaleur notre belle baignoire !
Tremblements, crises de larmes, stupeur... on passe par tous les états... Heureusement, la famille est là, les pompiers aussi : ils nous aident à relativiser... Dieu merci, personne n'est blessé (rien qu'à l'idée que quelqu'un aurait pu y laisser sa vie, ça me fait froid dans le dos), et puis, nous n'avions pas encore emménager : nos effets personnels, nos meubles, nos souvenirs, les jouets de Nelle sont préservés.
L'idée de devoir tout recommencer nous donne le vertige. Pire, il va falloir démolir pour repartir sur des bases saines. En effet, l'incendie a ravagé le toit, mais finalement le plus gros des dégâts est provoqué par l'eau que les pompiers utilisent.
La spirale administrative s'est mise en route.... Déclaration à la gendarmerie, constat par huissier de justice, expertises d'assurance... Aujourd'hui notre hantise est de ne pouvoir retrouver ce que nous avons perdu : il va falloir faire le deuil de cette maison et accepter que la nouvelle ne sera pas tout à fait comme on l'espérait. Nous avons peur que l'assurance ne joue pas son rôle, nous n'avons pas confiance en cette profession... Fragilisés, nous avons peur de nous faire arnaquer...
En 2 jours, nous passons de vague de désespoir en vague d'espoir : redresser la tête, ne pas renoncer, admettre qu'il y a pire (pensons à l'Irak, à la Corée du Nord, à l'Afghanistan, au Darfour, au tsunami, au Bengladesh, à la Nouvelle Orléans... à tous ces gens qui perdent tout à cause d'un cyclone, d'une vague, d'un fleuve).
Et puis, tenter de dédramatiser, d'expliquer à Nelle que "la nouvelle maison" a brûlé et que nous allons en reconstruire une autre, comme si de rien n'était. Tenter de lui expliquer que le plombier "n'a pas fait exprès", "qu'il pensait bien faire".
Oui, l'erreur est humaine...
Nous tenons à remercier tout particlièrement les pompières (chapeaux bas, mesdames)
& pompiers des casernes de Bully, de Saint-Germain-sur-L'Arbresle et de L'Arbresle. Grâce à eux, le feu a été arrêté dans l'aîle Ouest.
Bien que bénévoles, leur intervention et leur comportement étaient dignes des plus grands professionnels du secours (malheureusement retenus ce même jour sur un incendie rue Garibaldi à Lyon, où une personne est décédée).
Merci à eux pour ce qu'ils font, pour ce qu'ils sont, pour leur formidable investissement dans notre société malheureusement trop souvent individualiste. Voici des gens courageux, qui risquent leur vie et leur santé pour le bien de la communauté ( et dire qu'ils se font caillasser dans les banlieues...).
Dernières choses (me voici, un peu, apaisée) : vérifiez de suite vos contrats d'assurance et ne faites jamais l'impasse sur votre sécurité et celle de votre famillle.
L@ure
Laurette et Luc, nous sommes de tout coeur avec vous, même si les mots les plus sincères ne vous rendront pas tout ça. N'oubliez pas que tout ce qui nous tue pas nous rend plus fort ! Je trouve déjà que cet article est plein de sagesse, et je suis sure que vous allez petit à petit reprendre espoir. Relisez ce joli texte quand vous aurez le moral en berne ! A distance malheureusement, nous vous embrassons tres fort.
A bientôt
Nanou
je suis certaine que cette maison sera très belle et que vous y serez très heureux dans quelques mois même si c'est certain que cet évènement vous a "anéanti" après tous les aléas de la reconstruction !Mais comme tu le dis si bien "ne pas renoncer " et je vous connais vous irez de l'avant . Alors quand vous aurez une "vague de désespoir" sachez qu'on est là pour vous remonter le moral ... grosses bizzz
Marion + Greg